Mardi 1 avril 2008 2 01 /04 /Avr /2008 15:48

Les gaéliques: parfums bleus et brumeux

 

triste

Sur son visage perlent

 quelques gouttes de tristesse

 qui lentement mêlent leur sel

 & rejoignent l’océan des pleurs

 qui s’acharne à limer

 sous le ciel gris

 la plage jaune granuleuse

 




vallée

Un ange bleu faufile

 son duvet lumineux

 entre deux nuages humides & cotonneux.

Le voile pourpre de l’aube se lève.

Un gamin en culotte courte,

 la frange blonde viking

 tombant négligemment

sur ses doux yeux antarctique,

arpente, émerveillé,

 ce chemin de terre lisse et doux

qui s’insinue au creux de la colline

 de ce matin blême.

La plaine résonne d’échos de rires enfantins

matin

Claquante & vibrant dans le vent,

 une feuille verte et charnue,

 clinquante, navigue dans le vent frais du matin,

retenue par son pédicule à sa branche mère.

 Quelques gouttes de rosée sautent

 & glissent joyeusement sur sa face vernissée.

 

campagne

Un petit oiseau bleu à la gorge jaune duveteuse,

 chétif, se blottit dans son nid,

 le bec & les yeux enfoncés dans son aile.

Dans sa tête défilent les paysages survolés :

les bocages verts,

les champs en damiers jaune & brun,

les clochers des églises,

arrondi, carré, pointu, orthodoxe,

 baroque, gothique, ou roman, dôme ou flèche.

Tout se mélange.

Il se laisse bercer par les ondulations

 des vagues de la haute mer,

 le clapotis des marées sur les plages.

Il s’endort doucement dans la brume légère.

Son petit coeur palpite tendrement

 faisant tressaillir ses plumes.

 

morsures

Un peu de brume dans la tête & les yeux ;

ton image ,un peu évaporée, incertaine,

 flotte comme un fantôme,

dans un coin,

trésor préservé de franchise & de gaieté.

Mais, partout ailleurs, désolation.

Tout a brûlé,

noirci de cendre,

comme mordu par le remords.

Il reste des lambeaux calcinés,

légers, recroquevillés sur eux mêmes.

Dans le monde parfait,

plein de couleur & de sonorité,

le rire frais d’une jeune fille retentit.

De l’autre coté, une vaste étendue plate bleu pastel lisse,

 désertique, embuée d’une fumée grise:

des ombres étirées

 sanglotent & se tordent sur elles mêmes,

éblouies par le soleil.

Leur agonie dure encore:

peut être est elle éternelle...

 

 

 

symbiose

Les deux bulbes poussent l’un à coté de l’autre

 dans la terre brune meuble & humide, finement granuleuse.

Blanc pale, le bourgeon sort du sol, frais, dentelé.

Sa compagne rose pointe timidement

 aussi ses tendres feuilles à l’air gris ambiant,

triste & voluptueux.

Puis lentement les tiges poussent,

 soutenues l’une par l’autre dans leur effort pour rejoindre le ciel.

Elles se dirigent longues & élancées vers l’azur évaporé.

Elles étendent leurs volutes

& tendrement entremêlent leurs feuilles qui,

quand le vent passe se caressent.

Un doux visage frais & féminin voletant dans l’aube du matin leur sourit.

Une pluie douce & fine s’éparpille & se condense sur le sol & leurs feuilles.

Dans cette atmosphère douillette, les deux plantes s’épanouissent.

Elles n’ont jamais été aussi prés l’une de l’autre.

Le doux tintement de leur feuille

l’une contre l’autre résonne encore dans mon coeur

comme les cloches du bonheur

 

 

 

 

neige

Blanche & menue,

 emmitouflée de laine bleue marine

 elle gravit le sentier

qui sillonne cette montagne rocailleuse & terreuse

 où l’herbe pousse difficilement.

Ses cheveux ondulés blonds

chevauchent les courants de l’air gaillard,

 qui s’essouffle & se râpe contre les falaises,

en s’insinuant dans les vallées vertes & accueillantes .

Le ciel est gris.

Il fait frais,

& le vent éparpille sur ses joues

 quelques cristaux de gel

qui poinçonnent sa face

de mille rosaces

sanguines entrelacées et cuisantes .

Dans ce paysage glacé et hostile

 elle est la seule source chaude & réconfortante.

Embuée & pelotonnée dans ses tissus douillets

 elle affronte la montée & maintient sans difficulté

 la cadence d’un pas feutré & sur.

 

 

Doll phantom

La vie pleure son ombre.

Elle était la plus belle.

Elle restera la plus pure.

Elle disparut une nuit

dans une tempête de rire

et d’éclat de verre,

 effacée par les bruits

des klaxons & des enceintes.

Dans ce tonnerre de couleur rutilant,

le ton pastel des bleus volets

 de la maison de chaux blanche,

les cheveux blonds et soyeux

de la petite fille s’envoleront.

Mais leur teint pale hante encore

 en filigrane mes nuits glauques et rieuses.

Leur profondeur s’impose doucement.

Leur ton serein  passera le temps.

 

écolier

La poupée aux cheveux de laine jaune

 à la tête ronde en mousse rose

est étendue légèrement sur les coussins.

Elle flotte dans l’air chaud de la pièce.

Sur un bureau en bois de pin,

 un petit bonhomme en culotte courte

 s’applique à dessiner une petite fille.

Tirant la langue, l’air concentré,

 il appuie fortement la pointe du feutre

 sur le papier pour ne pas faire déraper

 le crayon qu’il tient maladroitement .

 

 

automne

L’attente est longue mais jamais veine

Les rêves retrouvent leurs ailes

& se meuvent doucement dans l’espace, librement.

Les nuages vont & viennent moites et brumeux.

La pluie imbibe sereinement la bonne terre

 dans laquelle germera le blé .

Un cerf volant plane souplement

 entre les ondes brumeuses du matin

& monte de plus en plus haut,

oubliant la terre à laquelle le retient un faible lien,

 invisible et fragile.

Une petite fille patauge dans la boue.

Bonjour petit automne !

 

 

 

 

 

pleurs

Ma douce fée pleure en silence.

Sur le doux ciel bleu,

deux nuages cotonneux flottent

 & mêlent leur épais brouillard neigeux

Des larmes cristallines & brûlantes

 noient ses yeux

en deux couchers de soleil bleu

surplombant une mer  limpide.

Le ruisseau dévale ses joues rougies,

gaiement ,en laissant sur son lit

 le sel cuisant

qui imbibe ses lèvres enfantines

d’un goût amer .

 

BB

Ma petite fleur, mon doux myosotis,

repose entre deux nuages de couettes,

enroulée comme un loir

 dans la pénombre moite & suave de ses rêves.

Ses cheveux bruissent doucement

comme une prairie sauvage jaunie par le soleil,

bercés par le halètement douillet de sa petite gorge rose .

Elle lape comme un chaton

avec sa petite langue framboise son petit pouce

& enfouit ses doigts dans le coton humide du mouchoir

qu’elle serre contre sa joue.

Son autre main caresse le duvet velouté

 de quelques mailles de laine bleue .

L’aube se lève.

Le soleil orange miroite ses reflets jaunes

 sur le tronc verdi du vieux sofora

qui étend ses branches nues dans les embruns du vent

 

 

jungle

Des plantes pétulantes, suaves, neigeuses,

déploient leur volutes dans la fraîcheur matinale du jardin .

Le gazon fraîchement tondu embaume

les gouttes suspendues de l’ atmosphère.

Tout brille et éclate en sanglots

Les arbres dégorgent de sève,

le ruisseau murmure.

La mousse perle sa rosée en surface.

L’air tiédit, la brise rugit.

Les éléments du paysage se dispersent & se recomposent

 en un univers encore plus beau .

Les montagnes bleues apparaissent au loin à l’horizon.

Le murmure de ses cheveux blonds

déploie un souffle nouveau

dans la plaine jadis infertile.

Les noyers ploient sous leur poids.

Les cerisiers parsèment le ciel bleu de leurs pétales roses.

Le cœur se dénoue & un parfum vivace embrase l’horizon.

 

 

 

 

 

Mars

 

3 petits extra terrestres verts

flottent dans l’espace intersidéral,

noir & parsemé de disques solaires bleus, jaunes & rouges .

Le parfum de ma bien aimée glisse le long de ses lèvres rosées

Sa voix de miel noie les quelques soucis noirs

 qui comme des astéroïdes volent & tournoient dans l’espace ;

je remarque & je crie

je me retourne:

un palais aux boiseries finement sculptées

 s’étendant comme des ramures

pleines de sève s’élance lentement en hauteur

et entoure lentement son corps languissant

 qui s’ épanouit à la lumière du jour ;

les rayons vibrent: la pluie s’abat .

Le rêve s’éparpille.

 

 

étranger

La petite fille regarde par la fenêtre.

Elle voit un grand monsieur

s’avancer avec un grand nez rouge.

Il neige dehors.

Les pieds du grand monsieur

  ne semblent pas très aimables.

Elle va avec sa capuche près d’un grand arbre

où il  y a plein de petits oiseaux

grelottant de froid sous leur plume ébouriffées.

Elle distribue quelques miettes puis s’en va

 

 

 

arbre

Depuis des années, le vieil arbre étend

ses ramures dénudées dans le bleu mou du ciel

qui se blottit dans la vallée verte et feuillue.

Il n’a pas fleuri depuis des années;

ses racines sont enfoncées profondément

dans la terre meuble

 jusqu’aux nappes d ‘eau souterraines cristallines

qui l’abreuvent.

Une princesse est arrivée, douce, cotonneuse laineuse,

irréelle, aux contours lumineux & flous,comme un mirage.

Elle passe de temps à autre

& à chaque fois un nouveau bourgeon vert et charnu éclot.

 

 

 

 

 

Par dark Y
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